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1)                                                              SI HAMZA.

    Le khalifa des Ouled-Sidi-Cheikh, Si Hamza ben Sidi-bou— Bekeur es S’rir, qu’on a appelé « le grand Si Hamza », en souvenir des services qu’il a rendus à la cause française dans le Sud, était né à la

 

fi n de 1818. L’infl uence étendue dont il jouissait parmi nos populations sahariennes et la haute position que nous lui avions faite étaient dues en grande partie à son origine.

    Si Hamza était le représentant de la grande famille des Ouled-Sidi-Cheikh, à laquelle son aïeul Sidi-Cheikh, que la chronique fait remonter jusqu’à Atik-ben-Arbi-Kihafata, chef des Beni-Tamin, — avait donné son nom.

    Sidi-Cheikh naquit en 1534 (951 de l’hégire). Sa mémoire est en vénération dans tout le Sud. Juste et intègre, vivant dans un pays où le fusil faisait seul la loi, il vit porter devant lui de nombreuses contestations que la poudre n’avait pu régler : il fut en maintes  circonstances le protecteur des opprimés et parvint par sa piété fervente à constituer un pouvoir religieux dont ses descendants ont hérité et qui est devenu entre leurs mains un puissant instrument d’in

 

fluence.

   Sidi-Cheikh mourut en 1615 (1032 de l’hégire) dans les environs de Stitten, tout près de la source de Mechera-el-Hamar, où est aujourd’hui une enceinte en pierres sèches nommée Mekam-Sidi-Cheikh. Mais ses cendres reposaient dans l’oasis El-Abiod-Sidi-Cheikh, où sa réputation de sainteté lui avait fait élever une koubba que le colonel Négrier détruisit en août 1881 à la suite de l’insurrection du Sud-Oranais, tout en ayant soin d’enlever avec les plus grands égards les dépouilles mortelles du marabout, qui furent transportées solennellement à Géryville. Depuis, la koubba d’El-Abiod a été reconstruite par les soins de l’autorité française.

    Le fondateur des Ouled-Sidi-Cheikh avait laissé dix-huit

 

fi ls, dont l’aîné lui succéda. Celui-ci, Si El-Hadj-Bou-Hafs, s’acquit une grande renommée de justice ; sa vie se consuma dans le bien; il recueillit des offrandes religieuses avec lesquelles il fonda une nouvelle zaouia, dont, après sa mort, il laissa, à l’exemple de son père, la direction à ses nègres ; c’est la zaouia connue aujourd’hui sous le nom de Si El-Hadj-bou-Hafs.

    Si El-Hadj-bou-Hafs eut neuf enfants; mais l’aîné, Si El-Hadj-Eddin, étant trop jeune lorsqu’il mourut, il donna par testament le pouvoir à celui de ses frères qui venait après lui, Sid-El-Hadj-Abd-El-Hakem.

    A sa mort, Si El-Hadj-Abd-El-Hakem, inspiré par des sentiments de justice, rendit l’héritage à son neveu Si El-Hadj-Eddin, au lieu de le laisser à son

 

fi ls aîné Sidi-Seliman, qui protesta, se fit des partisans et se retira dans l’ouest. Alors commencèrent ces interminables querelles qui dégénérèrent souvent en guerres acharnées dans lesquelles prirent parti toutes les populations du pays et qui divisent encore les deux familles rivales des Ouled-Sidi-Cheikh de l’est et des Ouled-Sidi-Cheikh de l’ouest.

    A Sidi El-Hadj-Eddin, chef de la famille de l’est, succéda son

 

fils aîné, Sidi-Cheikh-ben-Eddin, puis Sidi-Hamza-ben-Sidi-bou-Bekeur es S’rir, notre ancien khalifa, qui avait pour rival dans la famille de l’ouest Sidi-Cheikh-ben-Taïeb.

    La famille des Ouled-Sidi-Cheikh a constamment joui d’une grande considération, non seulement dans le pays, mais encore chez les beys turcs de la province d’Oran et même chez les empereurs du Maroc. Les beys l’ont toujours ménagée, et l’empereur Mouley Abderrahman avait épousé une de ses

 

fi lles, la soeur de Sidi-bou-Bekeur ben Sidi-el-Arbi, par conséquent la tante de Si Hamza.

    L’in

 

fluence de cette famille s’est étendue de tout temps sur les points les plus reculés. La qualité de serviteurs de Sidi Cheikh suffi sait pour préserver des attaques des Touareg et autres bandes pillardes les gens des caravanes qui partaient du sud de la province, se dirigeaient vers le Touat, le Gourara ou le Tidikelt. Presque à chaque pas dans ces parages, on trouve des indices, des témoignages de vénération rendus à la mémoire du marabout. L’historique des confréries religieuses du Tell ne présente rien d’analogue.

   Sidi Hamza exerçait un ascendant marqué sur les tribus du sud. Il apporta cet ascendant au service de notre cause en 1852,

 

époque à laquelle il se rallia franchement à nous, après un séjour de six mois passés à Oran à notre contact, et pendant lequel il put apprécier nos idées de tolérance et d’équité. Il nous seconda depuis efficacement, comme khalifa, dans tous les détails d’administration et de commandement; il consacra ses efforts à consolider notre domination et à étendre notre rayon d’action.

   Déjà en 1853 il opérait avec ses goums une razzia sur les Hamyanes-Gharaba, alors dissidents. Quelques mois plus tard, il acceptait la mission dif

 

fi cile d’aller chasser d’Ouargla le chérif Si Mohammed ben Abdallah, dont les bandes sans cesse en mouvement compromettaient la sécurité de nos campements avancés.

   Il partit pour exécuter cette entreprise hardie en novembre 1853, à la tête de 1,000 cavaliers et de 1,000 fantassins. Vers les premiers jours du mois suivant, il entrait dans Ouargla. Mais pour obtenir ce résultat, il avait dû supporter bien des privations et mettre en déroute les contingents du chérif à la suite d’un engagement sérieux, qu’il leur livra aux environs de N’gouça et dans lequel il reçut quatre blessures.

    Après cette expédition d’Ouargla, dans laquelle il avait déployé tant d’intelligence, d’habileté et de bravoure, Si Hamza prit une large part à divers mouvements de troupes qui eurent lieu dans le sud-est.

    En 1855, i1 assista au combat de l’Oued-Zoubia, où fut dispersée la ligue des Zegdou, qui avaient envahi nos campements; en 1856, il participa à un vigoureux coup de main effectué sur les Hamyanes, Gharaba, et qui décida le retour d’émigration de ces derniers; en 1857 et 1859, on le vit encore dans nos rangs partager nos fatigues et concourir de son mieux à la réalisation du but que nous avions en vue.

   Si Hamza avait su mériter successivement par sa belle conduite dans toutes les circonstances où il y avait un danger à partager, la croix de chevalier, d’officier et de commandeur de la Légion d’honneur.

   Il est mort assez mystérieusement à Alger le 21 août 1861, dans un voyage qu’il avait fait pourvoir le gouverneur.

   Trois ans après sa mort, ses frères suscitèrent la révolte des Ouled-Sidi-Cheikh qui dura fort longtemps et dont les derniers et lugubres épisodes remontent seulement à 1881.

   Depuis, M. Tirmann a su ramener dans leurs campements toutes les tribus insurgées ; il en a confié le commandement à Si Hamza ould Sidi bou Bekeur, petit-fi ls de Si Hamza, et ce jeune homme très intelligent, instruit, aimant la France, a assuré jusqu’à ce jour la complète tranquillité du Sud-Oranais, qu’il saura certainement nous garantir pendant les longues années de pouvoir qu’il a devant lui.

Documents officiels et Particuliers. — Mémoires du maréchal Randon.

( 1 et 2 Réf.: LE LIVRE D’OR DE L’ALGÉRIE, HISTOIRE POLITIQUE, MILITAIRE, ADMINISTRATIVE ÉVÉNEMENTS ET FAITS PRINCIPAUX BIOGRAPHIE DES HOMMES AYANT MARQUÉ DANS L’ARMÉE LES SCIENCES, LES LETTRES, ETC. DE 1830 A 1889
PAR NARCISSE FAUCON (Ancien rédacteur en chef de l’Écho d’Oran et de l’indépendant de Constantine Rédacteur en chef du Journal général de l’Algérie et de la Tunisie). Préface de M. le Colonel TRUMELET TOME Ier. — BIOGRAPHIES, PARIS, CHALLAMEL ET Cie ÉDITEURS, LIBRAIRIE ALGÉRIENNE ET COLONIALE 5, RUE JACOB, ET RUE FURSTENBERG, 2 ;1889)




A)    (An 1 de l’Hégire. — 622-623 de J.-C.)

     Ordre religieux des SEDDIKYA qui prit son nom d’ Abou-Deker-es-Seddik, compagnon du Prophète et premier khalife.- Par une suite non interrompue de chefs spirituels, cet ordre s’est perpétué jusqu’à nos jours. Il est encore très répandu dans le Levant, surtout en Égypte, où les khouan-profès s’appellent Mohammedia.

    Si Snoussi se glorifi e d’appartenir à cet ordre, auquel nous ne connaissons que fort peu d’adhérents en Algérie, bien que le khalife Si Abou-Beker-es-Seddik soit l’ancêtre du célèbre cheikh Si Abd-el-Qader-ben-Mohammed, souche de la grande famille des Oulad-Sidi-Cheikh. (V. chap. XII.)

  B)    (Vers 1022.-1023 de l’Hégire. — 1615 de J.-C.)

Ordre des CHEIKHYA, groupe des Chadelya, ayant pour patron

 

 

Sidi Cheikh-Abd-el-Qader-ben-Mohammed, chef de la grande famille maraboutique et guerrière des Ouled-Sidi-Cheikh, et mort vers 1022-1023 de l’Hégire (1615 de J.-C.). (Voir chapitre XXV.)

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